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27 SEP, 2018

#STARTUPOFTHEWEEK #13 #MAHDIA A LA RENCONTRE DE ,NEJIB BEL HADJ , FONDATEUR DE TILLI TANIT

Tilli Tanit redonne ses lettres de noblesse à la broderie de Mahdia

Si son entourage voyait en ce bachelier, titulaire d’un bac technique un avenir dans l’ingéniorat, pour lui sa destinée ne faisait pas l’ombre d’un doute. L’univers de la broderie : il l’affectionnait tant et ne se voyait nulle part ailleurs. Pour preuve, il intègre l’Institut supérieur des métiers de la mode à Monastir. En 2011, son diplôme de design textile en poche, il se lance aussitôt. Pas de temps à perdre, il crée la même année son atelier dans sa ville natale Mahdia.

À vrai dire, il a d’autres signes de distinction que l’histoire d’un artisan passionné de son métier. Il rend un vibrant hommage à sa mère et à toutes les petites mains qui ont brodé durant des décennies les plus belles parures, les plus prestigieux tissages et les plus magnifiques des broderies. Belle démonstration d’humilité, il hérite du métier de sa mère le savoir-faire de ses doigts de fée et l’habitacle en bois sur lequel ses yeux focalisaient.

Il en a fait un art avec une touche de modernité. Il a réécrit, réinventé pour ainsi dire avec de nouveaux dessins et des tissus qui ressemblent plus à des joyaux qu’à des étoffes. Élégantes, très inspirées et sur mesure, ses créations utilisent des matières nobles comme le fil d’or ou d’argent mêlant authenticité et modernité. Chacune de ses pièces est une œuvre d’art sur laquelle il consacre le temps pour confectionner et perfectionner.

Lors du lancement de son atelier, sa mère qui broda des années durant se sentit épuisée mais nullement résignée à s’éclipser de la scène. Elle lui a promis d’encadrer et de transmettre le savoir-faire aux artisanes et aux jeunes qu’il embaucha. C’était leur promesse à eux deux de préserver le métier et de le faire revivre !

Quant à connaître son secret de réussite. C’est simple, il n’en cite qu’un seul : aimer son métier et s’ouvrir aux marchés étrangers — Crédit photos: Souk At-tanmia

Il s’est donné pour ambition de valoriser ce métier, d’innover dans les matériaux et de hisser la qualité. Bénéficiaire lui aussi des avantages proposés par le projet Souk At-tanmia, il a eu la chance comme tous les autres nouveaux acteurs de l’artisanat tunisien de se faire accompagner et aider dans le développement de l’atelier Tilli Tanit, une entreprise de broderie qui s’inspire du patrimoine tunisien pour des créations en habillement ou en ameublement. Un défi de taille mais aussi un bonheur de tous les jours car Néjib fait de cette passion son gagne -pain et celui de ses huit collaboratrices en créant Tilli Tanit. « Nous créons des œuvres qui racontent la Tunisie et son histoire», avance Néjib Bel Hadj.

On lui reconnaîtra toutefois qu’il fut l’un des plus fervents défenseurs du métier de broderie. Son premier geste a été de faire sortir ses brodeuses de la précarité et de leur accorder une protection sociale. Lui qui a vécu dans sa chair l’injustice dont étaient victimes les brodeuses et les artisanes de sa région, a rêvé d’une entreprise socialement responsable. Aujourd’hui ses œuvres sont vendues chez le concept store Elyssa.

L’univers de la broderie : il l’affectionnait tant et ne se voyait nulle part ailleurs — Crédit photos: Tilli Tanit

Elles sont aussi distribuées par des marques telles Albaraa design ou l’atelier de lilas. Grâce à l’appui de l’Office national de l’artisanat tunisien (ONAT) et de l’ambassade américaine, il a été sélectionné dans un programme avec d’autres artisans pour développer des produits qui seront exposés à New York. Son prochain défi est de développer une marque au Danemark et une boutique au musée contemporain du Danemark. Son objectif est de hisser avec force d’ingéniosité et de labeur la broderie tunisienne au pinacle et lui rendre ses lettres de noblesse.

Il a vu grand, fort et juste. Aujourd’hui, il est en contact avec une maison de haute couture en France pour y loger ses créations et pourquoi pas un jour sa marque. Son désir de développer sa gamme, d’agrandir son atelier et de recruter plus d’artisanes est intact. Quant à connaître son secret de réussite. C’est simple, il n’en cite qu’un seul : aimer son métier et s’ouvrir aux marchés étrangers. « Je vénère les mains qui brodent », a-t-il conclu. Il ne saura leur rendre meilleur hommage.


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